Il est exact que les Léonides sont observables chaque année autour du 17 novembre. C'est en effet à ce moment que la Terre croise l'orbite de la comète 55P/Tempel-Tuttle. Cette orbite est régulièrement "polluée" par le passage de la comète, tous les 33 ans. A chaque fois Tempel-Tuttle éjecte de grandes quantités de poussières lors de son dégazage. Il est donc exact que la portion de la trajectoire de Tempel-Tuttle proche du Soleil est "constellée" de poussières. En effet, le noyau de la comète est comparable à un "iceberg" sale. Lorsqu'il s'approche du Soleil sa surface glacée devient trop chaude pour rester stable. Une partie de cette surface se transforme en gaz, éjectant à cette occasion les poussières piégées dans la glace. Ce gaz et cette poussière forment une gigantesque atmosphère, appelée chevelure, autour du noyau cométaire. Les poussières s'échappent facilement de cette chevelure, car la gravité du noyau est très faible et la taille de la chevelure est très grande (diamètre typique de 100'000 km). C'est pourquoi les poussières se retrouvent dispersées le long de la trajectoire de la comète. Celles de petites tailles peuvent être "soufflées" par le vent solaire, alors que les plus grosses ne sont quasiment pas affectées. Elles restent donc confinées en un étroit ruban qui suit la comète. Chaque particule de ce ruban se trouve sur une orbite héliocentrique légèrement différente de celle de sa voisine et se déplace donc avec une vitesse différente. Ainsi, au cours du temps, le ruban tend à se disperser.
Un essaim de météorites est donc plus riche juste après le passage de la comète parente, car le ruban de poussières est plus dense. Mais on vient de noter qu'il est aussi plus confiné. C'est la raison pour laquelle les passages de la comète à proximité du Soleil ne sont pas tous synonymes de pluies exceptionnelles. En effet, le ruban étant très fin, il suffit de peu pour que la Terre ne passe pas au travers de sa partie la plus dense ou que la traversée, de courte durée, se déroule à un moment défavorable pour la plupart des observateurs terrestres. L'histoire nous montre qu'en 1966, c'est-à-dire lors du dernier passage de Tempel-Tuttle, les Léonides furent particulièrement intenses, mais qu'à plusieurs des passages précédents de la comète cette pluie d'étoiles filantes ne fut que très ordinaire (1900, 1930).
Cette année (1998) le maximum de la pluie ne durera que quelques heures, voire moins d'une heure. Pour bien observer les étoiles filantes, il faut occuper une région de la Terre qui soit «face» au courant de débris cométaires tout en étant dans la nuit. C'est-à-dire qu'il faut être entre minuit et l'aube lorsque se produit le maximum de la pluie. Ces conditions seront remplies pour les régions de l'Est de l'Asie.
Les météorites associées à la comète Tempel-Tuttle ne sont observées qu'une fois par an. La Terre ne peut croiser l'orbite d'une comète qu'au maximum deux fois par année, à condition que l'orbite cométaire soit coplanaire avec celle de la Terre. Ce qui n'est pas le cas de Tempel-Tuttle.
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Cette réponse a été préparée par Didier.Raboud@obs.unige.ch